• Jo M. Sekimonyo

Le Journal Le Potentiel Mercredi 18 Septembre 2019

A rrivé à Bruxelles depuis lundi pour une visite officielle de quatre jours au programme chargé, le président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, devrait profiter de ce déplacement pour marquer une rupture avec les positions de son prédécesseur. Dans son agenda, le chef de l’État de la RDC doit également redynamiser la relation économique de son pays avec la Belgique. À cet effet, le prof. Jo M. Sekimonyo estime que la Belgique doit en principe aider la RDC à se développer économiquement au lieu d’avoir la main ferme. « La Belgique doit nous aider à tricher économiquement comme elle au lieu de nous considérer naïvement comme des partenaires, associés à une activité ou à un intérêt commun. Notre relation avec ce pays colonisateur doit se limiter à la simple alliance », a-t-il déclaré dans un entretien avec Le Potentiel. De son avis, « si un petit pays comme le Royaume de Belgique est devenu l’un des pays les plus puissants du monde en prenant le contrôle d’une vaste étendue de terres africaines et a dominé le commerce international dans certains secteurs, c’est parce qu’elle a triché sur le poker économique mondial ». Jo M. Sekimonyo se montre sceptique quant à l’aide économique en faveur de la RDC. « Je ne vois pas en quoi le cas du colonialisme belge consiste à repenser le passé pour améliorer l’avenir social, politique et surtout économique de notre pays. Les pays occidentaux et non-occidentaux réclament constamment la boîte à outils et le langage colonial concernant leur attachement à la vision impérialiste dans le cadre d’une gouvernance efficace et d’un ordre international », a-t il martelé. Raison pour laquelle, il invite non seulement la RDC, mais aussi les autres pays africains à se méfier de pays occidentaux pour relancer leur économie. « Nous ne contrôlons pas la présence du colonialisme dans notre histoire, c’est ce que la Belgique a toujours tenté de faire. Nous devons plutôt l’effacer de notre mentalité sociale, politique et économique. Pour cela, nous devons apprendre à libérer nos potentiels et en tirer parti d’un aspect du 21 ème siècle, en étant autonome », a fait savoir Jo M. Sekimonyo. Avant de renchérir : « La Belgique se classe 25 ème sur 44 pays de la région européenne. Et son score global est inférieur à la moyenne régionale. Lors de l’examen des données de la Banque mondiale, la dette publique de la Belgique en 2018 s’élevait à près de 500 milliards de dollars américains, ce qui représente plus de 100% de son PIB. La Belgique nous conseille, comme les autres, de nous concentrer sur le secteur agricole. Seulement 1% de sa population appartient au secteur agricole, alors que la majorité de sa population se trouve aujourd’hui dans le secteur des services ». Pour Jo M. Sekimonyo, le fait d’avoir l’autonomie financière n’est pas une approche d’isolement, mais plutôt une prise de conscience. « Donc, nous n’avons pas besoin d’un intermédiaire pour nous vendre à un prix plus élevé », appuie-t-il. Pour ce qui est de la « visite de travail », à partir de ce mercredi, Tshisekedi se rendra à Anvers pour une visite du port et une rencontre avec ses responsables et ceux du secteur diamantaire. Dans l’après-midi, le chef de l’État congolais se rendra au siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), avant le dîner offert par la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Belgique-Luxembourg-Afrique-Caraïbes-Pacifique (CBLACP), rappelle-t-on.

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